Igor Parfenov
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Château Siran -septième partie




Château Siran Grand Crû Exceptionnel Margaux 1961 (7)
Tu perçus confusément l’éloignement de cette bouche et un long silence se fit avant que résonne le cri puissant de cette voix musclée « Folle, moi !», puis sur un ton plus doux, presque affectueux « Et bien je vais te faire goûter un peu des délices de cette folie.». A nouveau le silence se fit lourd, quelques pas résonnèrent dans la cave, s’interrompirent, le désir et la peur te tordaient le ventre, ce silence te tétanisait quand soudain un épouvantable claquement déchira la cave, suivi d’un autre puis d’un troisième. Le retour du silence laissa entendre les bruits de ton souffle saccadé et les tremblements de ton corps. Des pas se dirigèrent vers toi, tu perçus un léger sifflement avant que la lame de cuir se pose doucement sur ton ventre.
« Je te le promets, ta vie entière tu te souviendras de ces instants avec moi ».La voix musclée était devenue presque hésitante, pour la première fois la fermeté laissait place à une note d’émotion.
« Détachez moi, arrêtez, je vous en supplie ».
La lame de cuir glissait lentement sur ta peau tendre, remontant vers tes seins, titillant les pointes durcies par l’excitation. Le contact du cuir sur ta bouche te permit d’en évaluer la texture, plutôt douce, mais cela ne parvint pas à te rassurer. Un instant plus tard tu perdis le contact de cette matière si douce, ton corps témoignait en haletant de la double emprise de la crainte du fouet et du désir d’assouvissement. Tu sursautas lorsque le cuir se posa délicatement sur les lèvres humides de ton sexe,
« Caresse plaisir, caresse douleur, les choses sont si différentes et pourtant parfois si voisines. » dit la voix toujours empreinte de la même émotion.
Le petit bout de cuir s’éloignait de ton sexe et y revenait sur un rythme irrégulier en y distillant de délicieuses ondes de plaisir cependant que l’ampleur et la force croissante du mouvement te forçaient à présager le pire.
Les pas s’éloignèrent mais le cuir restait posé sur ton sexe, tu le sentis glisser brutalement dans un sifflement que tu attribuas à un grand mouvement, un autre s’ensuivit puis un claquement sec et une douleur assourdissante monta de ta hanche et se répandit violemment en toi. Immédiatement un second claquement sec mordit le flanc opposé et t’arracha un cri. Ensuite le lent balai de la lanière de cuir sur ton sexe reprit suscitant des sensations renforcées mais rendues ambiguës par l’anticipation du claquement.
Un arôme de plaisir vint caresser tes narines, pas le tien ce n'était pas ta propre cyprine. L'excitation de cette femme te rendit à ton désespoir, c'est ta douleur qui l'émeut qu'elle soit portée par le cuir, infligée par le refus de l'assouvissement ou subie mentalement dans l'anticipation et la peur. Cette femme est une sadique démoniaque. Néanmoins, ce qui pouvait être interprété comme un signe de féminité te donna le courage de parler
« Laissez moi, détachez moi, j'ai besoin d'en finir, je n'en peux plus, vous me faites mal. »
Le parfum se rapprocha de ton visage et dit doucement: « Pas tant que cela ma douce, on ne voit guère de traces sur ta peau, je pense que qui est en train de s'inscrire dans le livre d'histoire de ta sensibilité ne s'imprime pas sur ta peau. Tu es magnifique, vraiment parfaite. J'adore ce total abandon, cette façon d'exprimer ton émotion. »
Quelques pas encore, le cuir abandonne ton sexe, bruit métallique, le candélabre est déplacé. Le parfum revint vers toi et quelque chose comme une baguette se posa sur ton visage, glissa vers ton cou et sur le mamelon durci au sommet de tes courbes. La baguette s'attarda sur le mamelon passant d'un côté à l'autre de plus en plus vite, de plus en plus fort, sans toucher le sein, tu retins le cri comme paralysée dans un rêve mais ton souffle indiqua la montée de la douleur et tu perçus désespérée un sourire dans le léger premier son qui sortit de la bouche de cette femme. « La cravache est un instrument merveilleux, elle distille des sensations mesurées sous mon total contrôle. Tu vas adorer, peut-être plus que moi encore. »
L'instrument abandonna le mamelon et rebondit plusieurs fois sur le sein, vers ton ventre alternant de manière imprévisible un toucher délicat ou une frappe plus intense, jouant de l'incertitude du temps entre deux touchers pour mieux nourrir l'anticipation. A l'instant même où les mouvements descendirent sous ton nombril et te firent craindre le contact de tes lèvres un espace de temps plus long marqua un changement et une frappe plus forte s'abattit sur ton pubis glabre. Ton cri traversa l'espace, puissant, aigu, tu n'eus pas le temps de reprendre ton souffle qu'un second coup identique puis un troisième amplifièrent encore la douleur sans lui laisser le temps de l'atténuation. Tu haletais et négligea de prendre attention aux pas des escarpins qui se déplaçaient autour de toi. Tu sentis des bracelets se refermer sur tes chevilles, une force musculaire certaine t'écarta les jambes et subitement il te fut impossible de les rapprocher. Le parfum revint auprès de ton oreille, déposa un doux baiser sur tes lèvres. Tu entendis des mots très doux.
« Tu es adorable, nous allons vivre ensemble un instant inoubliable. »
Un coussin releva quelque peu ta tête, puis après quelques mouvements autour de toi, mais sans bruits de pas, cet arôme du plaisir revint enivrer tes narines, des lèvres charnues et humides de secrétions vinrent rechercher le contact de ta bouche, des seins se posèrent sur ton ventre puis se relevèrent au rythme du contact de ce sexe sur ta bouche. La perception de la situation fit monter ton excitation mais tu tardas à initier le geste des lèvres et de la langue attendu par cette femme. Une fois encore la cravache vint douloureusement meurtrir ton pubis.
Tu compris ce qu'elle attendait de toi et entrepris docile de lui procurer cette caresse aussi fermement exigée. Après quelques secondes, un premier gémissement répondit à tes attentions et les petits touchers légers et saccadés de la cravache sur ton pubis puis sur tes lèvres t'intima l'ordre de poursuivre sur cette voie. Tu aspiras méthodiquement une lèvre puis l'autre, doucement au début puis plus fermement, tu interprétas un râle musclé suivi d'un tapotement de la cravache sur ton sexe comme un signal d'encouragement et poursuivis la caresse. Ta langue s'insinua entre les lèvres au plus profond que tu pus, un petit cri sortit de la bouche de cette femme et un frisson secoua son échine, son sexe s'écrasa un peu plus sur ta bouche et quelques rappels de cravache témoignèrent d'une certaine impatience. Ta langue tournas sur l'entrée des parois de ce puit d'amour arrachant des gémissements de plaisir, ponctués par l'approbation maintenant presque douloureuse de la cravache sur ton pubis. Elle exigeait son plaisir et infligeait la douleur au rythme de sa montée.
Soudain, d'un tout petit mouvement du bassin vers l'arrière elle chercha le contact de ta langue sur son petit bouton, la crainte te fit hésiter et ta langue resta immobile. Une pression de son sexe sur ta bouche appela la caresse mais tu étais paralysée. Après un moment d'attente qui te parut une éternité, elle approcha la bouche de ton pubis et sa langue réveilla en toi tous les espoirs, un tremblement de plaisir te parcourut de part en part lorsque le toucher devint magie de la caresse, un gémissement de plaisir sortit de ta bouche, tes hanches cherchèrent à amplifier le contact, un hurlement de plaisir déchira l'espace lorsque deux doigts te pénétrèrent en massant avec insistance la paroi supérieure. Elle interrompit alors sa caresse, vint replacer son sexe sur ta bouche et amena la cravache au contact de ton sexe.
La violence de l'espoir d'assouvissement te fit reprendre le mouvement pénétrant de la langue, à nouveau elle déplaça les hanches vers l'arrière et gémit en agitant la tête lorsque cette langue experte s'enroula autour de son clitoris, tout mouvement de hanche avait cessé, le bas du corps immobilisé au contact de ta langue tranchait avec les inclinaisons lentes et régulières de la tête d'avant en arrière ou sur le côté, le halètement indiquait la montée du plaisir ainsi que les déplacements de la cravache de tes lèvres au pubis lentement sans oser frapper, pas encore. Progressivement elle se mit à accompagner ta caresse d'un mouvement de hanches, un léger toucher de cravache sur ton pubis, à peine osé, indiqua l'imminence de l'invasion du plaisir. Soudain, elle s'immobilisa lança un violent coup de cravache en direction de ton sexe. Ton cri envahit son sexe et elle fut emportée dans un orgasme étourdissant ponctué de cris de jouissance. Quand l'intensité de l'émotion laissa place à la conscience elle se pencha sur ton sexe et y déposa un doux baiser qui te glaça de terreur. Elle se retourna vers toi, sécha tes larmes, déposa un baiser sur tes lèvres et dit: « Merci, j'ai vécu un moment inoubliable, tu es adorable. »
« Je vous en prie, détachez moi, je suis épuisée. »
« Pas encore, je te dois quelque chose. »
« Non ! Je ne peux plus, vous me faites peur, détachez moi ! »
« Allons, dans deux minutes tu auras oublié ces mots stupides. N'as-tu pas aimé ce que je t'ai fait il y a un instant ? »
... (à suivre)
Ronald Samuelson 2008
